Sortie du kankourang : Des émotions au rendez-vous

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En ce dimanche matin, les habitants du quartier de ‘Thioce Ouest’ sont déjà au taquet. Il est 6h et certains habitants sont déjà sortis du lit. Il n’est pas question de faire la grasse matinée. Chez les ‘kontekunda’, une des maisons du petit-fils de l’initiateur du kankourang, les plats de « arraw » destinés à la bouillie de mil sont déjà prêts. Deux grosses marmites sont installées dans la grande cours de la maison. Si la circoncision est bien l’affaire des hommes, les femmes ne sont pas en reste .Ces dernières s’occupent durant tout le mois des trois repas pour les circoncis en commençant par le premier repas de la journée.
 
L’heure tourne et les femmes sont dans les préparatifs. Khar Mbaye est l’une d’elle. Debout devant la marmite, elle supervise la cuisson des trois gros bols de bouillie. Ce petit-déjeuner à base de mil est un plat traditionnel. Il est ainsi perpétué de générations en générations. La femme d’environs une quarantaine d’années fait cela avec plaisir. «C’est une joie pour nous d’apporter notre soutien en cuisinant les trois repas quotidiens destinés aux circoncis et transportés par les selbes jusqu’au leul», explique-t-elle. 
Après la bouillie de mil pour le petit-déjeuner des circoncis, ces femmes ont prévu cinq gros bols de riz lors de cette sortie du kankourang. 
 
La sortie du kankourang vaut bien le détour à Mbour. Elle est digne d’un marathon. La scène est assez cocasse mais il faut savoir courir pour se tirer d’affaire.Toute la journée, il sillonne les rues et ruelles du quartier. A son approche, personne ne reste sur son passage et les ‘selbés’ veillent bien au grain. Ils accompagnent le kankourang tout au long et contrôlent ceux qui veulent s’approcher de plus près. Les mains moites, le cœur battant la chamade, la sueur perle le front de quelques spectateurs .Le kankourang approche. Il n’y a plus aucun doute. Comme pris d’un instinct de survie, la foule commence à se disperser en entrant dans la première maison venue .Pas question de croiser le regard du kankourang ! C’est bien connu ici.Malgré tout, son passage suscite énormément d’émotions. Pris entre peur, joie et excitation, les spectateurs se prêtent au jeu de ce rendez-vous culturel. 
 
Malaw Pikine assiste chaque année à la sortie du kankourang avec ses amis. Il quitte Dakar direction Mbour. «Je viens tout le temps pour vivre l’ambiance de ce mois. J’apprécie beaucoup leur culture», a fait savoir l’influenceur. Ce dernier profite du spectacle et le fait aussi vivre à ses milliers d’abonnés. «C’est une ambiance unique et j’adore le  partager avec mes abonnés», dit-il.
 
«J’ai connu le septembre mandingue grâce à ma sœur et depuis je viens chaque année », explique Yacine. La trentenaire vit à Thiès et ne rate la sortie du kankourang sous aucun prétexte. C’est donc avec plaisir qu’elle fait le voyage le temps d’un weekend pour communier avec les parents des circoncis.
 
Les parents dépensent sans compter
 
Les événements riment avec dépenses et pour le septembre mandingue, il n’y a aucune demi-mesure. Malick Sène avoue préparer cela une année car demandant énormément de moyens. D’où la nécessité pour lui en tant que parent de se parer en conséquence. Ce dernier a deux enfants dans le ‘leul’ âgés de cinq et trois ans. Aidé par les siens, il a pu gérer les dépenses sans prise de tête. «Je ne me fixe pas de budget car c’est inestimable pour nous en tant que parent de perpétuer ce geste», confie-t-il un sourire en coin. 
 
«J’ai mon fils dans le leul. Il est âgé de sept ans», a fait savoir Ndeye Ndiaye Koté. Tout comme Malick, la mère de famille révèle préparer cet évènement avec son mari une année à l’avance. Un choix  qui permet d’anticiper sur ce mois si important chez les mandingues.

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