Quand les sénégalais pâtissent de l’inertie des autorités !

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Effondrements, accidents de travail, absence de réactions de la tutelle, l’autorité suprême a donné des instructions à ses ministres, la prise en charge des risques laisse apparaitre plusieurs manquements.

Le président Macky Sall a annoncé, en Conseil des ministres du mercredi 5 octobre, la réforme de la Direction de la Protection civile et l’élaboration d’une Stratégie nationale sur la question, conformément à sa volonté exprimée de donner un nouvel élan à la politique de protection civile. Alors que l’autorité suprême a donné des instructions à ses ministres, la prise en charge des risques laisse apparaitre plusieurs manquements.

7(sept) Sénégalais ont perdu la vie dans l’explosion d’une chaudière de la Société de transformation agro-alimentaire raffinée (STAR) de Nébé, dans la commune de Tocky Gare, dans la région de Diourbel.

L’explosion de cette chaudière de l’usine de transformation agro-alimentaire, survenue mardi dernier, 4 octobre, avait fait un (1) mort et neuf (9) blessés sur le coup. Mais le bilan s’est alourdi avec la mort de six (6) autres personnes parmi les blessés évacués dans des structures de santé à Diourbel, Thiès et Dakar, portant à sept (7) le nombre de décès liés à cette explosion, à la date du dimanche 9 octobre dernier. Un drame qui ne semble émouvoir les autorités étatiques qui, jusqu’ici, s’emmurent dans un silence.

Pourtant, le lendemain du drame, en Conseil des ministres du mercredi 5 octobre, le chef de l’Etat, Macky Sall, a «exprimé sa volonté de donner un nouvel élan à la politique de protection civile, dont la mise en œuvre doit s’adosser à une stratégie résiliente et consensuelle, à un cadre juridique et institutionnel rénové et renforcé, à des ressources humaines bien formées, motivées et prêtes à servir et à agir avec anticipation et efficacité, sur l’ensemble du territoire national».

Ainsi, il a demandé au ministre de l’Intérieur, chargé de la Sécurité de proximité et de la Protection civile, «de finaliser, dans les meilleurs délais, la stratégie nationale de protection civile, intégrant la transformation de la direction de la protection civile, afin d’assurer la prise en charge adéquate des risques et catastrophes signalés».

Cette ambition affichée du président de la République, Macky Sall, arrive à un moment où les Sénégal «du bas peuple» pâtissent… de la protection civile et la sécurité civile. En effet, les catastrophes se multiplient sans que des mesures idoines s’en suivent, malgré l’existence d’une Direction spécialement conçue pour cela. Et le constat est perceptible dans plusieurs domaines.

En effet, en 2019, après les incendies qui ont ravagé des marchés tels que Petersen, Ndoumbé Diop de Diourbel, et Ocass de Touba, il a été annoncé un vaste programme de modernisation des marchés. Ce qui entrainerait la disponibilité de bouches d’incendies et une programmation d’heures de fonctionnement (ouverture et fermeture) de ces lieux de commerce. Les annonces, au sortir d’un Conseil interministériel tenu autour de Mahammed Boun Abdallah Dionne, en mars 2019, n’ont pas abouti à de grands changements. Ailleurs aussi, des manquements dans la sécurité des usagers sont constatés de plus en plus.

Après le drame du stade Demba Diop qui a occasionné plusieurs morts, effondrements, incendies et accidents de travail se sont multipliés. La réaction des autorités se limite parfois à une «simple» condamnation, présentation de condoléances aux (familles des) victimes… Et puis rien. En atteste, avant l’incendie à l’usine agroalimentaire de Nébé, dans la région de Diourbel, ayant occasionné 7 morts, il y a eu l’explosion d’un puits de gaz à Gadiaga. Ses conséquences sont dramatiques.

En septembre dernier, une dalle d’un bâtiment en construction s’est affaissée au marché Gueule Tapée des Parcelles Assainies de Dakar, causant des morts. Quelques jours plus tard, à Kaolack, une famille est décimée suite à l’affaissement de leur habitation.

La listes des drames humains laissant l’autorité «indifférente» ou presque, loin d’être exhaustive, c’est également les nombreux morts dans des accidents de circulation, en mer et dans les fleuves et rivières intérieures. Parmi les derniers cas en date, le chavirement d’une embarcation ayant quitté Étamé pour rallier une île de la Basse-Casamance, faisant 2 morts et un disparu le 28 septembre 2022. Il y a aussi le cas du magistrat Bassirou Ndiaye qui se rendait à Doué, son village natal, qui a été porté disparu à la suite du chavirement de la pirogue à bord de laquelle il voyageait. Il sera finalement retrouvé mort. Les faits se sont produits le mercredi 7 septembre dans le département de Podor.

Ces drames n’occultent pas la circulation, des fois illégale et incontrôlée, de produits dangereux comme ce fut le cas récemment avec le stationnement illégal à Ngoundiane (cohabitant avec les populations) de 66 camions contenant 1800 tonnes de nitrate d’ammonium en partance pour la Guinée. Il a fallu le soulèvement des populations pour que l’autorité préfectorale prenne des solutions d’urgences. Tous ces évènements tragiques, sans occulter les incendies de la salle de vente et du parc Lambaye, etc., rappellent la nécessite de veiller davantage à la sécurité des Sénégalais.

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