La guéguerre entre responsables Socialistes à la fois tragique et anecdotique

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Seybani Sougou, analyste politique, revient sur la bataille de positionnement pour le contrôle du Parti socialiste

Seybani Sougou, analyste politique, revient sur la bataille de positionnement pour le contrôle du Parti socialiste. Il dit avoir constaté que la disparition d’Ousmane Tanor Dieng a accéléré le processus de décomposition politique de cette vieille formation politique. Selon lui, la guéguerre entre certains responsables, dont Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam est à la fois tragique et anecdotique.

Seybani Sougou pense que la bataille de positionnement entre responsables socialistes est tragique. Cette guéguerre survient à un moment où le Parti socialiste est affaibli comme jamais et réduit à sa plus simple expression. Pour Seybani Sougou, le spectacle que présente un parti qui a marqué l’histoire politique du Sénégal et tenu les rênes du pouvoir pendant 40 ans (de 1960 à 2000), est affligeant. Cette guéguerre est anecdotique parce qu’elle relève d’une guerre de positions entre des personnalités préoccupées davantage par une situation de rente et des prébendes que par le destin du parti. Tout se passe, d’après lui, comme si le Parti socialiste avait renoncé à toute ambition de diriger le Sénégal. Arrimé à la mouvance présidentielle, regrette-t-il, ce parti ne propose aucun projet de société et n’incarne plus l’espérance. « Le PS est devenu juste un parti d’appoint, un appendice du pouvoir en place », constate-t-il.

Impossible rapprochement entre socialistes

L’analyste estime que la réconciliation des socialistes sera aléatoire, tout en soulignant que Serigne Mbaye Thiam et Alioune Ndoye ont tous les deux farouchement combattu Khalifa Sall. « A une différence près, Alioune Ndoye, maire de Dakar Plateau, était un Khalifiste. Il a été un des pourfendeurs du régime de Macky Sall avant de rejoindre la mouvance présidentielle, succombant aux sirènes du pouvoir. De ce point de vue, Serigne Mbaye Thiam a au moins le mérite d’être cohérent dans son cheminement avec Tanor et la majorité présidentielle. On a toujours l’habitude de dire qu’en politique, tout est possible. Cela dit, la configuration politique actuelle ne me paraît pas de nature à favoriser un rapprochement entre la direction actuelle du PS et les Khalifistes », juge le politologue.

D’après lui, les rancœurs sont tenaces. « S’il devait y avoir une réconciliation entre socialistes, paradoxalement, Serigne Mbaye Thiam serait mieux placé qu’Alioune Ndoye qui incarne aux yeux de beaucoup de Khalifistes, la figure de Judas à savoir le traître qui a trahi Khalifa Sall, dont il était un fidèle partisan. Rappelons que Serigne Mbaye Thiam faisait partie de ceux qui plaidaient que Khalifa Sall devait bénéficier d’une grâce présidentielle. Il soutenait que l’ancien maire de Dakar réunissait toutes les conditions pour obtenir cette grâce.

Fragilité du PS dans BBY

Seybani Sougou est d’avis aussi que la situation du PS au sein de Benno Bokk Yaakaar est « difficile, fragile et incertaine ». Pour cause, explique-t-il, l’avenir de cette formation est désormais étroitement lié au sort de la majorité qui sera tranché par les électeurs dans 15 mois lors de la prochaine présidentielle. A quelques encablures de ces joutes décisives pour le pays, la mouvance présidentielle est en fin de cycle et le PS, qui est déchiré, ne semble pas décidé à prendre son destin en main. Il n’y a aucun candidat au sein de la direction actuelle qui émerge. « Disons-le clairement, Serigne Mbaye Thiam et Alioune Ndoye ne disposent pas de l’étoffe et du charisme nécessaires pour porter le projet du Parti socialiste. Or, tout parti politique digne de ce nom a pour ambition et vocation première de diriger un pays. La survie politique du PS dépendra de la capacité de la direction actuelle à surmonter ses conflits internes, à s’ouvrir et à travailler avec les Khalifistes pour pouvoir mettre Khalifa Sall sur orbite en 2024 », se dit persuadé Seybani Sougou. Ainsi, il estime que c’est aberrant que le PS, qui a un riche héritage (celui du président Léopold Sédar Senghor) puisse être dans une situation d’effacement total à tel point qu’il n’a même pas pu présenter un candidat lors des deux dernières élections présidentielles (2019 et 2024).

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