Burkina Faso: 7 coups d’Etat en 54 ans d’indépendance (chronologie)

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Un militaire de la garde présidentielle a annoncé, jeudi, la démission du président intérimaire, Michel Kafando, et la dissolution du gouvernement.

A moins d’un mois des élections générales, le Burkina Faso plonge de nouveau dans la crise. Cette fois, c’est la garde présidentielle fidèle à l’ex-président Blaise Compaoré, qui a annoncé la dissolution du gouvernement provisoire et la fin de la période transitoire. Le Faso vit donc son 7e coup d’Etat en 54 ans d’indépendance, confirmant un mode de transition par défaut.

En voici la chronologie :

Coup d’Etat du 17 septembre 2015 : 

La garde présidentielle est restée fidèle à l’ex-président Blaise Compaoré, poussé le 31 octobre 2014, à la démission par une insurrection populaire, après 27 années au pouvoir et alors qu’il venait d’annoncer son intention de modifier l’article 37 de la Loi fondamentale, de sorte qu’il puisse se représenter en 2015 et poursuivre son mandat.

Ce jeudi, les militaires fidèles à l’ex chef d’Etat ont annoncé avoir pris le pouvoir.. ils retiennent depuis mercredi le président de la transition Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida dans le palais présidentiel. Via un communiqué militaire lu à la télévision nationale, la garde a également annoncé la dissolution du gouvernement provisoire et la fin de la période transitoire. Désormais, c’est le Commandant Aziz Korogho, considéré comme le numéro deux de la garde présidentielle, qui dirige le pays sous le CND (Conseil national pour la démocratie), proclamant ainsi de facto un coup d’Etat.

Le CND a également déclaré mettre en place un gouvernement d’union nationale en vue d’aboutir à l’organisation d’élections « inclusives » permettant aux partisans de Compaoré d’y poser leur candidature.

Coup d’Etat « constitutionnel » du 31 octobre 2014:

Devant la détermination du régime à modifier (pour la troisième fois) l’article 37 de la Constitution pour ouvrir la voie à un nouveau mandat présidentiel de Blaise Compaoré, l’opposition, rejointe par les syndicats et la société civile, s’organisent dans le cadre d’une vaste opération de « désobéissance civile », soutenue par l’armée, qui marque leur désapprobation pour « un coup d’Etat constitutionnel », selon leurs termes.

Des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent à Ouagadougou et dans d’autres villes du pays. L’Assemblée nationale (chambre basse du Parlement) est saccagée le jour où elle devait se pencher sur le projet d’un référendum permettant la révision de la Constitution, de même pour la télévision nationale et de domiciles de barons du régime de Compaoré.

Devant l’ampleur de la contestation, celui-ci retire le projet de révision, annonce l’état de siège et décide d’ouvrir un dialogue avec l’opposition. Toutefois, devant l’insatisfaction de l’opposition et des manifestants qui réclament son départ immédiat, Compaoré annonce, le lendemain, sa démission. L’armée prend le pouvoir et annonce une période transitoire assurée par le chef d’Etat Major, Honoré Nabéré Traoré. Finalement, le 17 novembre, Michel Kafando choisi par le collège de désignation pour diriger la transition qui devrait durer une année. Ce dernier  nomme le lieutenant-colonel Isaac Zida, Premier ministre.

Coup d’Etat du 15 octobre 1987: (Sankara- Compaoré)

Au cours d’un « jeudi noir », de violents combats éclatent au Palais présidentiel entre rebelles et loyalistes. Thomas Sankara est tué dans ce putsch orchestré par son conseiller principal Blaise Compaoré. Un couvre feu est imposé et le Conseil révolutionnaire est dissous. Plusieurs jours après, Sankara est déclaré décédé de mort naturelle par un médecin militaire. Compaoré l’accusera « d’avoir trahi l’esprit de la révolution ».

Coup d’Etat du 4 août 1983: (Ouédraogo-Sankara)

Accusé de « servir les intérêts de la domination étrangère et du néo-colonialisme », Jean-Baptiste Ouédraogo se trouve de plus en plus isolé au sein du Conseil de salut du peuple (CSP). Celui qui était alors ancien Premier ministre, Thomas Sankara, et qui a déjà joué un rôle clé dans un précédent putsch (1982), évince le gouvernement militaire de Ouedraogo. L’opération fait 13 morts et 15 blessés. C’est la naissance du Conseil nationale révolutionnaire qui promet des réformes démocratiques et sociales et une politique étrangère anti-impérialiste. C’est sous la présidence du « Che Africain » que le nom colonial de « Haute-Volta » est abandonné au profit du « Burkina Faso » (« Pays des hommes droits »).

Coup d’Etat du 7 novembre 1982:(Zerbo-Ouédraogo)

Une crise au sein du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) éclate, opposant deux tendances au sein de cette formation. Ce coup d’Etat devait porter une première fois, Thomas Sankara au pouvoir. Il laissera finalement la place au médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, pourtant sans expérience politique ni base idéologique.

Coup d’Etat du 25 novembre 1980: (Lamizana- Zerbo)

Une grave sécheresse brûle les cultures et porte grièvement atteinte au secteur agricole. Quatre centrales syndicales appellent à la grève des enseignants pour protester contre des décisions arbitraires concernant plusieurs de leurs collègues. Les grèves se généralisent, paralysant jusqu’à des secteurs entiers de l’Etat sur fond de contestation politique due au népotisme et à la corruption. Le 25 novembre, les forces du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) investissent les points névralgiques de Ouagadougou. Le colonel Saye Zerbo devient chef de l’Etat. Ce putsch interrompt un processus démocratique salué comme modèle dans la région après l’adoption de la Constitution de la IIème République et la réélection de Lamizana en 1978. En 1984, celui-ci est jugé par un tribunal populaire de la révolution. Il sera acquitté.

Coup d’Etat du 4 janvier 1966: (Yaméogo- Lamizana)

Après la mise en place d’un pouvoir personnel, l’installation d’un système de parti unique et le musellement de l’opposition, une révolte populaire éclate. Elle fait suite aux mesures impopulaires du plan d’austérité financière décidé par le Président Maurice Yaméogo. La grève générale est annoncée et Yaméogo déclare l’état d’urgence. Incapable de gérer la grogne populaire, Yaméogo est obligé de démissionner. L’armée prend le pouvoir. Le chef d’état-major général des forces armées Aboubacar Sangoulé Lamizana devient chef de l’Etat.

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