Gestion du Port de Dakar : Le rapport qui enfonce Cheikh Kanté

L’audit de la gestion du Port autonome de Dakar (Pad) entre 2016-2017, a fini par révéler ses secrets. À la lecture de la Revue indépendante de la conformité de la passation des marchés du Pad, au titre de la gestion 2016 dont la version définitive date du 12 décembre 2017, plusieurs anomalies ont été constatées. Des griefs qui portent sur la gestion de Cheikh Kanté.

Il est en effet relevé, au chapitre des constats généraux sur la passation des marchés, deux passés par entente directe (gré-à-gré) entre 2016 et 2017. Des marchés d’une valeur de 82 millions 846 mille F Cfa Il s’agit de celui intitulé « Convoyage et immersion de huit chalutiers désarmés » d’une valeur de 33 millions 40 mille F Cfa  et de celui portant « Souscription d’un contrat Accord Entreprise » d’un coût de 49 millions 806 mille F Cfa.

Ces deux marchés, selon les auditeurs du Cabinet Mamina Camara, ont reçu respectivement par lettres (l’une du 09 Février 2016 et l’autre au 10 Novembre 2015), l’aval de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) sur les demandes d’autorisation de passation desdits marchés par entente directe. Concernant ces deux marchés de gré-à-gré, le Port de Dakar s’est expliqué.

2 marchés de gré-à-gré de plus de 82 millions de F Cfa

Selon Cheikh Kanté et ses collaborateurs, le marché « Convoyage et immersion de huit chalutiers désarmés », a été effectué « à la suite d’un incendie qui a fortement secoué la flotte avec de réelles possibilités de coulage des navires désarmés et ses corollaires que sont la praticabilité de son plan d’eau et la menace sur la certification de ses installations qu’il a été sollicité une procédure d’entente directe avec Sosetrim (Société sénégalaise de travaux industriels et maritimes) pour l’assainissement du port de pêche ».

Pour le marché « Souscription d’un contrat Accord-Entreprise » c’est à la suite d’une détention des droits d’exclusivité pour l’octroi de licence dans la zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique) par Microsoft qu’il a été sollicité à nouveau un accord pour la reconduction dudit contrat pour les gestions 2015 et 2016, renseigne le Pad.

Le rapport de souligner que « la suite de la procédure est conforme aux dispositions préconisées par le Code des Marchés publics (Cmp), pour (ces) marchés passés par entente directe ».

Par ailleurs, il a été reproché au Directeur général le fait d’avoir « approuvé les procès-verbaux d’attribution provisoire de tous les marchés alors qu’il est approbateur desdits marchés ». Les auditeurs ont précisé que « les autorités approbatrices de marchés ne doivent pas s’immiscer dans le processus de passation des marchés ; elles doivent laisser les Personnes responsables de marchés désignées, conduire librement la passation ».

Le dernier grief a porté sur la violation des normes dans la passation de marchés publics. « Un seul candidat invité disposait des qualifications requises pour exécuter le marché, il s’agit de SPS sécurité qui était sous contrat avec le Port pour la même mission depuis 2014. Cette situation viole le principe de mise en concurrence lors de la passation des marchés publics ».

Les auditeurs, dans leurs recommandations, ont soulevé, entre autres, le devoir pour la Société nationale du Port autonome de Dakar (Snpad) de « veiller au respect des dispositions de l’article 74.1. Lequel stipule que « l’autorité contractante est tenue de mettre en concurrence écrite un nombre de candidats permettant d’assurer une concurrence réelle qui ne peut être inférieur à trois ». Une recommandation qui faisait partie de celles formulées par la revue précédente de 2013″.

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