Bassirou Diomaye Faye: «Se ridiculiser peut se comprendre, peut-être, mais s’empressait de se ridiculiser parait surréaliste»

«Pourquoi paniquent-ils alors qu’ils détiennent des réserves de milliards?

Un communiqué pondu à deux (02) heures du matin. L’auteur et son probable commanditaire ont dû être très préoccupés par l’engagement des militants et sympathisants. Dans une République qui se veut sérieuse, cela ne doit pas avoir pour objet de convoyer de ridicules menaces de dissolution de l’un des partis politiques les plus sérieux en matière de conformité à la législation en vigueur au Sénégal. Voilà six (06) ans et bientôt sept (07) que nous sommes l’un des rares partis politiques à déposer nos états financiers au ministère de l’intérieur.

Depuis le lundi 28 décembre 2020 pourtant, le spot auquel a fait allusion le piètre communiqué résonnait sur certaines fréquences de la bande FM. Et le 31 décembre 2020, le spot TV est passé sur les chaines de grande audience. Juste après le discours de fin d’année.
Pourquoi donc réagir après ? La réponse à cette question doit déterminer individuellement et collectivement la posture des militants et sympathisants de PASTEF.

Il faut relever, de prime abord, que les coalitions électorales dirigées par SONKO sont passées de 33 000 en 2017 à 687 000 voix en 2019 soit un score multiplié par 20. Le régime sait pouvoir faire confiance aux Patriotes pour les prochaines éditions de nemmeeku tour. Ils le savent mieux que quiconque, PASTEF vient de trouver un début de solution pérenne à ce qui constituait son principal problème : l’argent, nerf de la guerre.

Sur un autre plan, plus crucial, il faut comprendre que le régime panique gravement à la seule perspective de voir le Président SONKO sillonner les profondeurs du Sénégal à la rencontre de nos concitoyens. C’était le chemin que l’actuel locataire du palais a emprunté pour y accéder et nous sommes 125 899 000 fois plus déterminés que lui pour lui emboiter le pas. Macky Sall ne veut voir personne parmi les prétendants sérieux au fauteuil présidentiel faire ses tournées. Mais qu’il le veuille ou non le Président SONKO tournera, en plein régime d’ailleurs. Qu’il soit dit et entendu pour que nul n’en ignore !

Voilà pourquoi, il est d’ores et déjà important de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur les agissements futurs du ministre de l’intérieur, Antoine DIOME, qui tendraient à entraver les tournées du leader de PASTEF. Il est le chef du commandement territorial, gouverneurs, préfets et sous-préfets dont certains d’entre eux se sont lâchement illustrés récemment par un deux poids deux mesures inacceptable. Pour mémoire, récemment le préfet de Guédiawaye a interdit la formation en secourisme initiée par les Patriotes, alors qu’au même moment, il autorisait la finale du tournoi de la COJER tenue à quelques encablures. L’épisode du mensonge de Aly Ngouille Ndiaye dans l’affaire des fiches de parrainages du candidat SONKO est encore frais dans les mémoires. Il s’est soldé, malgré les dénégations de Aly, par la condamnation du gendarme Nicolas Mendy pour violation du domicile familiale de SONKO. Les acteurs changent mais la pratique antidémocratique et liberticide se perpétue. Ce qui veut dire que le responsable principal reste la constante, à savoir Macky Sall.
Antoine Diome doit être démis de ses fonctions de ministre, avant qu’il ne commette la bourde de trop sauf s’il est en mission commandée pour davantage écorner l’image de notre démocratie. Nous constatons sans surprise, qu’il n’a pas les épaules assez larges pour diriger le ministère de l’intérieur et de la sécurité publique. A cette station dans l’appareil d’Etat, on doit se garder de signer ses peurs-paniques par un communiqué laborieusement pondu tard dans la soirée et antidaté. Deux (02) heures du matin c’était déjà le matin du dimanche 03 janvier 2021. Il aurait dû attendre de prendre son petit déjeuner après une bonne grasse matinée. Se ridiculiser peut se comprendre, peut-être, mais s’empressait de se ridiculiser parait surréaliste.
Il doit être évincé du processus électoral. Son attitude dans la farce de la traque des biens mal acquis, grosse montagne de qui a fini par accoucher d’une minuscule souris, lui colle un parti pris dont il ne peut se défaire. Jamais, il ne pourra conquérir la confiance des acteurs pour des élections calmes et apaisées.
S’il voulait véritablement « mettre de l’ordre » dans la manière dont fonctionne tous les partis politiques au Sénégal, la loi 89-36 du 12 octobre 1989 modifiant celle n° 81-17 du 06 mai 1981 relative aux partis politiques, modifiée lui donne une large fenêtre d’action, ne serait-ce que sur l’obligation de dépôt des états financiers et sur l’égal accès aux médias d’Etat. De même, il aurait pu s’attaquer à source de son mal-être : la lancinante question du financement des partis politiques. Ce n’est pas en faisant un blackout sur ces points flagrants et en enchérissant sur son zèle qu’Antoine Diome compensera son manque d’étoffe pour diriger le ministère qu’il occupe.
Voilà pourquoi, l’attitude des Patriotes dans les semaines, mois et années à venir sera déterminante dans la marche vers la victoire et l’exercice d’un leadership transformationnel à la tête de notre pays, le Sénégal».

Bassirou Diomaye Faye

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