HOMME DE L’ANNEE 2018 SORY KABA : LA DIASPORA A COEUR

Retour et réintégration des migrants au pays natal à travers une politique de gouvernance inclusive de la migration, ciblant l’ investissement productif de la diaspora et la mise en œuvre d’une offre domestique pour couper court, en amont, aux causes du départ, c’est l’enjeu majeur de la direction des Sénégalais de l’extérieur que dirige avec brio et expertise Sory Kaba, responsable politique de l’Apr à Fatick. Diplomate par défaut, cet administrateur des élections diplômé de la Sorbonne pratique aussi sa science politique dans son univers professionnel, avec comme challenge de récupérer les pays tombés dans l’escarcelle de l’opposition depuis les dernières joutes électorales. Calme et pondéré, le verbe soigné, la mise toujours parfaite, Sory Kaba est le premier sénégalais de l’extérieur qui reste attaché et ancré aux valeurs du Sénégal des profondeurs. Immersion dans l’univers d’un Sénégalais qui mérite d’être plus connu.
Trouvé dans ses bureaux perchés sur Dakar intra Muros, en plein centre ville, avec vue blasée sur le grand bleu, Sory Kaba est resté zen à l’annonce de la nouvelle de sa désignation par le groupe Allodakar comme l’homme de l’année 2018. D’abord curieux ensuite critique, avant d’en savoir sur les critères de choix qui ont guidé notre lecture du Sénégal émergent, le directeur des Sénégalais de l’Extérieur nous a ouvert son intérieur, le temps d’un cadrage professionnel. Son naturel a parlé pour lui. Certainement pas pour ajouter à son arc des cordes politiques ou pour chanter les louanges de son mentor, mais pour comprendre, ce qui a le plus prévalu, entre le profil technique du diplomate de la Diaspora et le militant engagé de l’Apr qui a éclipsé, un temps, la bataille de chapelle locale, pour une visibilité de la politique de l’Etat en faveur des compatriotes établis à l’Etranger. Ayant traversé l’actualité de l’année du fait de cette double posture politique et diplomate, le dossier migratoire l’a certainement emporté, sur l’animation de base à Fatick ou le lobbying d’Etat dans le cercle des cadres du parti. Pourtant, c’est un politicien pur jus, rompu, qui a été à bonne école et dont la réputation faite, entre intelligence didactique et querelle sémantique, s’est révélée il y à plus de 18 ans d’une finesse rare et d’un avenir certain.
« Le style et la lucidité du berger de la République en bandoulière »
Nous étions en 2000, à l’aube de la première alternance, dans le secret du staff de Djibo Leyti Ka, quand le jeune Sory Kaba s’illustrait par la pertinence de ses opinions, le poids des charges de gouvernance qui faisait de lui le représentant du mouvement estudiantin, un des piliers jeunes ayant porté le message du renouveau démocratique, le style et la lucidité du berger de la République en bandoulière. C’est cette verve innée aux bonnes étoiles qui poussera l’apprenant à la découverte des réalités du monde. Son profil n’a pas que séduit au niveau de la diplomatie sénégalaise pour lui tailler des habits consulaires. Sory Kaba a du faire preuve de beaucoup d’initiatives, de sacrifices, d’engagements et de renoncements, pour traduire en actes les fortes aspirations du chef de l’Etat, qui en faisant de la diaspora une prioritaire, a jugé utile d’en armer son bras. Deux ans de travail acharné pour un bilan plus que reluisant : Seul pays africain où les passeports sont confectionnés dans 8 postes d’ambassades ou consulats à l’étranger. Une capacité de production de 100 passeports par jour pour 3 millions de migrants. 8 centres de production connectés avec des valises mobiles sur 50 pays.
Ce lourd bilan est le reflet de son agenda surbooké qui ne lui laisse aucun répit, aucun état d’âme, entre l’actualité de sa mission et les urgences qui rattrapent sa fonction. C’est avec la même volonté citoyenne qu’il accompagne les compatriotes qui ont perdu l’âme à l’étranger avec un comité de crise composé d’association des Sénégalais , de l’Etat , de la famille de la victime et un avocat commis d’office qui accompagne et conseille . Rien que cette année qui s’achève, plus d’une dizaine de cas ont été diligentés par ses services.
La remobilisation pour la reconquête de l’électorat
Le directeur des sénégalais de l’extérieur ne chôme pas du fait de l’empilement des dossiers et conditions d’existence de nos compatriotes, Sory Kaba se démène comme pas possible pour satisfaire l’agenda chargé qui le met souvent face aux réalités existentielles de nos compatriotes. En Gambie, il y à un mois, pour la mise en place d’une mutuelle de santé dédiée à la diaspora Sénégalaise, il nous revient présentement d’Italie pour un enjeu politique qui le rattrape face à l’urgence de ses dossiers. Jouant sa partition loin de la collecte locale de parrains pour le candidat Macky Sall, le responsable politique Fatickois, devenu Es Diaspora, se fait le challenge de combler le gap de la mouvance présidentielle en Italie où il a lancé depuis la ville de San Remo, la remobilisation pour la reconquête de l’électorat, comme il entend le faire au Canada et partout ailleurs où les résultats des dernières élections ont été perdu. Son motus operandi, à travers des forums de développements et en perspective du dialogue des territoires, lui laisse une marge énorme, au regard de la dispersion des Sénégalais à travers le monde. De l’inclusion sociale en terre d’accueil à l’accompagnement de l’Etat, c’est une approche novatrice en matière de gouvernance migratoire qui place l’émigré au centre des opérations. La pertinence de cette option innovante, incluant le renforcement des bureaux d’accueil, d’orientation, de suivi et d’informations, met aussi en exergue l’assistance retour et la politique du non-départ. Une batterie de mesures pour améliorer le potentiel migrant et forger un autre profil apte à la migration, outillé et mis à niveau. C’est ce profil hors du commun mais incontournable dans la gestion des affaires urgentes et sensibles de l’Etat, quia emporté le suffrage de notre jury interne. Un choix assumé et validé qui rompt avec les profils classiques et conceptualisés en fonction des urgences de l’heure.