Attaques à Paris: condamnations et appels à la solidarité en Afrique

Atentados de ParisAprès les attaques perpétrées à Paris, qui ont fait au moins 128 morts et de nombreux blessés, vendredi 13 novembre au soir, c’est l’émotion et le choc dans la capitale française, mais aussi ailleurs dans le monde. Du continent africain sont venus des condamnations et des appels à la solidarité. Plusieurs chefs d’Etat africains ont réagi. Le président français, François Hollande, a reçu, ce samedi 14 novembre, peu après 12h00, son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi.

 

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, en visite privée en France, a été reçu par son homologue français, François Hollande. A l’issue de son bref entretien, il a condamné les attentats.

 

« La Tunisie condamne énergiquement ces agissements barbares et elle appelle tous les peuples épris de liberté à coordonner leurs efforts contre ce mal », a-t-il affirmé dans une déclaration à la presse avant d’ajouter que dans Paris, « la ville des Lumières », c’est « l’obscurantisme contre la lumière », a-t-il estimé, dans la cour de l’Elysée.

 

Le président tunisien a également lancé un appel à la solidarité.

 

« La Tunisie appelle tous les peuples épris de liberté à coordonner leurs efforts contre ce mal. Chaque pays doit se sentir concerné, il n’y a pas un seul pays qui soit à l’abri d’une action pareille et la réponse doit être une réponse collective, une réponse solidaire », a-t-il déclaré.

 

La Tunisie a elle aussi été frappée, cette année, par des attentats meurtriers au musée du Bardo, en mars, puis dans un complexe hôtelier, de Sousse, en juin.

 

La France et son engagement militaire

 

Les attentats de Paris ont fait réagir les dirigeants du monde entier et c’est le cas également, sur le continent africain, du président du Niger, Mahamadou Issoufou, qui condamne et qui ne se dit toutefois pas surpris par ces attentats dans les rues de Paris.

 

« Je dois vous dire franchement que je suis choqué devant la brutalité de ce qui s’est passé à Paris. Ce sont des actes de terreur ignobles. Ceux qui ont commis ces actes sont des montres, ce ne sont pas des humains. L’ampleur des attaques a été surprenante mais l’attaque elle-même n’a pas surpris car à partir du moment où on est engagés dans un tel combat, on n’est jamais à l’abri. […] La France est un pays très engagé dans un combat qui nous est commun, un combat pour des valeurs communes. La France est engagée en Syrie, en Irak. Elle est engagée également en Afrique dans le cadre de l’opération Barkhane. C’est vrai, je crois que la France paye, quelque part, le prix pour ces interventions. Ce qui s’est passé hier à Paris, ne doit pas nous détourner de cet objectif », a déclaré le président Mahamadou Issoufou.

 

De son côté, le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain Claude Bilié Bi Nzé, lui, ne croit pas à l’idée selon laquelle la France paie le prix de son engagement militaire.

 

« La France, lorsqu’elle intervient, elle défend des principes universels de liberté, d’égalité, et ce qui s’est produit peut apparaître comme une représaille mais on ne peut pas parler de  » payer un prix  » parce qu’effectivement, la liberté a un prix mais cette liberté, nous devons tous la défendre et c’est le sens de l’action que la France mène à travers le monde par ses interventions et nous les soutenons », a déclaré, pour sa part, Alain Claude Bilié Bi Nzé, porte-parole du gouvernement gabonais.

 

Lambert Mende, porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, plaide pour la tolérance zéro vis-à-vis des terroristes.

 

« Le gouvernement congolais est choqué par cette violence humainement inacceptable qui a frappé Paris, ce vendredi. Il exprime sa compassion et sa solidarité avec l’ensemble du peuple français et il invite la communauté internationale à ce que soit développée, sans retard, une politique de tolérance zéro vis-à-vis des actes de terrorisme sous toutes les latitudes et sous quelque forme que ce soit parce que de tels actes ne peuvent trouver aucune justification », a déclaré Lambert Mende.

 

Le président sénégalais, Macky Sall, s’est également exprimé sur RFI sur les attentats. Il a fermement condamné « ces actes barbares qui s’attaquent, au-delà de la France et du peuple français, à notre humanité commune », a-t-il dit.

 

Le président sud-africain, Jacob Zuma, présente ses condoléances au gouvernement français et aux familles des victimes. Il rappelle que le terrorisme, « sous aucune de ses formes », ne peut être toléré.

 

La France a également reçu le soutien du Kenya. « Le peuple et le gouvernement kenyan se tiennent aux côtés de la France », a déclaré le président Uhuru Kenyatta.

 

Mobilisation et coalition

 

Ahmat Mahamat Bachir, ministre tchadien de la sécurité appelle, quant à lui, à une mobilisation de la communauté internationale.

 

« Nous, nous regrettons amèrement. Nous disons, une fois de plus, que les terroristes sont là. Que la communauté internationale se mobilise pour lutter contre le terrorisme sauvage. Aujourd’hui, nous présentons toutes nos condoléances à toutes les victimes de la France. Hier, cela se passait au Nigeria, au Tchad, aux Etats-Unis. Aujourd’hui, c’est la France et ils continuent. Donc, mettons-nous ensemble pour les mettre hors de nuire », a déclaré Ahmat Mahamat Bachir.

 

Une coalition qu’appelle également de ses vœux, Modibo Keita, le Premier ministre malien.

 

« L’attachement presque historique et culturel de la France aux valeurs de liberté, de démocratie et de solidarité, comme tous les autres peuples, l’expose, aujourd’hui, à des actes de violence et ce n’est pas seulement parce qu’elle est attachée circonstanciellement à défendre la liberté dans certaines zones du Mali et de l’Afrique. En réalité, le terrorisme, aujourd’hui, n’a pas de frontières et par conséquent, il faut une coalition », a, pour sa part, appelé, le Premier ministre malien.

 

Réaction également d’Ali Bongo sur Twitter. Le président gabonais dénonce des attaques terroristes « abjectes ». Des attaques qui « ne visent pas seulement la France », mais « tous les peuples libres » du monde.

 

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