ven. Jan 24th, 2020

Dopage et corruption : la situation de Lamine Diack jugée à Paris.

Le scandale avait porté un rude coup à l’image de l’athlétisme en 2015: l’ancien patron de la fédération internationale (IAAF), Lamine Diack, est attendu lundi au tribunal de Paris pour être jugé avec son fils et quatre acteurs présumés d’un système de corruption voué à protéger des athlètes russes dopés.

A 86 ans, le Sénégalais, qui a régné de 1999 à 2015 sur l’IAAF, a rendez-vous avec les juges de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, à 13h30 (12h30 GMT), pour répondre des délits de corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée. Il risque jusqu’à dix ans de prison et une lourde amende.

L’affaire avait précipité la chute de ce cacique du sport mondial aux mille vies, ancien athlète et joueur de football avant d’entrer en politique (maire de Dakar 1978-1980, parlementaire de 1978 à 1993) puis de devenir le premier dirigeant non-européen de l’IAAF.

– L’inconnue Papa Massata Diack –

Depuis son arrestation à Paris en novembre 2015, les affaires se sont multipliées: la Russie a été accusée de dopage institutionnel et Lamine Diack est aussi mis en examen pour corruption, soupçonné d’avoir monnayé son influence dans les processus d’attribution des Jeux olympiques de Rio-2016 et Tokyo-2020 et des Mondiaux d’athlétisme 2015 à Pékin, ainsi que pour Doha, qui a obtenu les Mondiaux-2019 après un échec pour 2017. Des soupçons qu’il réfute.

A son procès, il est attendu avec l’un de ses anciens conseillers, l’avocat Habib Cissé, et l’ancien responsable du service antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, jugés pour corruption passive.

Si Lamine Diack a interdiction de quitter le pays, la justice française n’a jamais pu approcher l’un des acteurs clé de l’affaire, son fils Papa Massata Diack, l’ancien puissant conseiller marketing de l’IAAF, réfugié à Dakar. Probablement absent, « PMD » entend néanmoins se défendre via ses avocats pendant les six demi-journées d’audience, étalées sur deux semaines.

Devraient aussi manquer à l’appel l’ancien patron de la fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnitchev, et l’ancien entraîneur national des courses de fond, Alexeï Melnikov, soupçonnés d’avoir soutiré des sommes à sept athlètes en échange de leur protection contre des sanctions, pour un total évalué à 3,45 millions d’euros.

Lamine Diack est aussi jugé pour avoir permis à son fils de s’approprier d’importantes sommes dans les négociations avec les sponsors, en imposant ses sociétés comme intermédiaires, ou via des commissions « exorbitantes ».

Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de