Conférence de presse du procureur : les contrats pétroliers et gaziers, l’affaire Fallou Sène et le dossier du COUD seront passés au peigne fin

Face à l’opinion, le procureur de la République Serigne Fallou Gueye a usé des prérogatives que lui offre l’article 11 du Code pénal qui l’autorise à s’adresser aux Sénégalais, pour éclairer leur lanterne sur certains dossiers. Serigne Bassirou Gueye s’est prononcé sur 3 sujets brûlants de l’actualité nationale relativement aux contrats pétroliers et gaziers signés entre l’Etat du Sénégal et Petro-Tim; la mort de l’étudiant Fallou Sène suite à des échauffourées survenues au campus de l’université Gaston Berger de St Louis le 13 Mai 2018; ainsi que le dossier du COUD pour lequel l’ancien DG Cheikh Oumar Hanne, promu ministre a été pointé d’un doigt accusateur.

La DIC et la section de recherches de la gendarmerie ont été instruites pour entendre toux ceux qui détiennent des documents ou informations sur les contrats pétroliers et gaziers

« J’ai saisi le chef de la DIC et celui de la section de recherches de la gendarmerie afin de mener une enquête diligente qui n’occulte aucun témoignage, aucune information ou quelque document pouvant contribuer à l’éclatement de la vérité sur cette affaire » a dit d’emblée le procureur Serigne Bassirou Gueye. La balle est donc dans le camp des accusateurs qui ont été invités à défiler dans les locaux de la division des investigations criminelles pour consigner tout ce qu’il détiennent comme informations sur le pétrole et le gaz. Parlant du rapport de l’IGE qui circule sur la toile et que le président de la République n’aurait pas reçu jusque-là, le procureur de la République a rappelé le caractère délictuel de la détention d’un tel document, encore que ledit rapport n’a pas été déclassifié. La DIC et la section de recherches de la gendarmerie ne vont tarder selon lui, à situer les responsabilités sur la divulgation de ce rapport de l’IGE.

« Nous avons renvoyé le rapport du COUD à l’OFNAC parce que l’ex DG n’a pas été entendu… »

La gestion de l’ancien DG du COUD Cheikh Oumar Hanne, promu ministre de l’Enseignement supérieur lors de la formation du dernier gouvernement s’est invitée à la conférence de presse du procureur de la République. C’est en 2015 que l’OFNAC a été saisie à travers des dénonciations anonymes pour 2 détournements dont l’un de l’ordre de 125.837.530 F Cfa imputé au chef du service approvisionnement du COUD et à l’agent comptable et l’autre dont le montant imprécis donne tantôt 82 millions F Cfa, tantôt 89 millions F Cfa, imputé au directeur général de l’époque. Après avoir salué les efforts fournis par les enquêteurs, Serigne Bassirou Gueye a avoué toutes ses difficultés dans le cadre de l’exploitation du rapport  de l’OFNAC. Pour le cas des 125.837.530 F Cfa, le procureur a informé que le chef du service approvisionnement et l’agent comptable ont été entendus, et selon lui, il se trouve que l’argent a été bien encaissé et dépensé, alors que les dénonciateurs parlaient de détournement. Pour le cas de l’ex DG du COUD dont la traduction à la justice passait comme une demande sociale, le procureur renseigne que « Cheikh Oumar Hanne n’a pas été entendu, parce que le rapport ne lui a pas été remis ». C’est pourquoi il a décidé de renvoyer le rapport à l’OFNAC afin que les griefs retenus contre les accusés soient mieux étayés.

« Nous sommes en possession d’un ordre de poursuite contre le meurtrier de l’étudiant Fallou Sène »

Les requêtes formulées aussi bien par les étudiants que par la famille de feu l’étudiant Fallou Sène seront bientôt traduites en actes concrets par le parquet de Dakar. C’est du moins l’assurance qui a été donnée par Serigne Bassirou Gueye. Pour rappel, l’étudiant Fallou Sène était tombé sous le coup d’une balle tirée par un élément de la gendarmerie, avant de rendre l’âme lors d’échauffourées survenues au campus de l’université Gaston Berger de Saint Louis le 13 Mai 2018. Le procès-verbal N° 535 de la brigade territorial de Saint Louis lui a été bien transmis, mais il a indiqué que « lorsque c’est un militaire qui est mis en cause dans une telle affaire, il y’a un formalisme a observer et qui est différent du cas d’un civil ». C’est à dire la mise à sa disposition d’un ordre de poursuite qu’il dit avoir reçu de la part de l’état-major de l’armée, via la brigade prévotale et que le meurtrier sera arrêté sous peu.

Mamadou SALL