Mali : lancement de la campagne présidentielle, 24 candidats en lice

Le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, et le candidat malheureux de 2013 Soumaïla Cissé sont de nouveaux en lice pour le scrutin présidentiel au Mali, prévu le 29 juillet. Une élection censée relancer l’application de l’accord de paix de 2015.

La campagne présidentielle au Mali a démarré discrètement, samedi 7 juillet, avec quelques affiches collées dans les rue de Bamako. Depuis, les meetings s’organisent, notamment celui du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013, et du chef de l’opposition, Soumaïla Cissé soutenu par le célèbre chanteur malien Salif Keïta. Le scrutin aura lieu le 29 juillet.

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Un autre candidat, l’homme d’affaires Aliou Diallo, a reçu vendredi le soutien du chérif Bouyé Haïdara, un dirigeant religieux musulman très respecté et très influent. L’ancien fonctionnaire international Hamadoun Touré, lui, a prévu de faire « une campagne ambulante » avec « des bus à (son) effigie qui vont circuler à travers la ville de Bamako », selon un membre de son entourage.

« Code de bonne conduite »

Les candidats ou leurs représentants ont signé vendredi un « code de bonne conduite », visant à éviter des troubles dans le pays. La sécurité a été renforcée pour cette campagne, durant laquelle plus de 30 000 membres des forces de sécurité et de défense vont être mobilisés. Objectif : « sécuriser les candidats sur le terrain et les opérations de vote », selon le ministère de la Sécurité intérieure.

De son côté, la communauté internationale, présente notamment avec la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et la force française Barkhane, attend beaucoup de ce scrutin et notamment de relancer l’application de l’accord de paix signé en mai-juin 2015, qui accumule les retards.

La Minusma, qui a acheminé ces dernières semaines le matériel électoral, s’est engagée à transporter les candidats qui le souhaitent dans les zones échappant au contrôle du gouvernement, en particulier dans le nord du pays, fief de l’ex-rébellion à dominante touareg.

Propagation des violences

L’Union européenne a déployé cette semaine un premier groupe de 20 observateurs, dont les effectifs doivent atteindre 80 pour le jour du scrutin. Le Conseil de sécurité de l’ONU a assorti la semaine dernière son renouvellement pour un an du mandat de la Minusma d’une mise en garde aux parties maliennes pour obtenir des progrès rapides dans le processus de paix.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Depuis la signature de l’accord de 2015, les violences ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des tensions ou des conflits intercommunautaires