Niger : 12 gendarmes tués dans une nouvelle attaque

Douze gendarmes ont trouvé la mort samedi dans une nouvelle attaque dans le sud-ouest du Niger, théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes depuis le Mali voisin.

« Il y a eu une nouvelle attaque. Douze gendarmes ont été tués. » Le ministre de l’Intérieur du Niger, Mohamed Bazoum, a annoncé qu’une nouvelle attaque avait eu lieu samedi 21 octobre dans le sud-ouest du Niger, une région instable, frontalière du Mali, théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes.

Selon une source sécuritaire, l’attaque a visé la gendarmerie d’Ayorou, à 200 kilomètres au nord-ouest de la capitale Niamey, dans la région de Tillabéri.

Des assaillants venus « à bord de cinq véhicules » ont attaqué « à l’aube ». Ils ont pris la fuite à l’arrivée des renforts militaires, en emportant deux ou trois véhicules de la gendarmerie. Des villageois les ont vus repartir avec des corps, selon cette source. « Les opérations de traque ont été lancées », a affirmé le ministre de l’Intérieur à l’AFP. Des « poursuites terrestres et aériennes » sont en cours.

Située sur les berges du fleuve Niger, Ayorou abrite un important marché rural et a été la perle du tourisme nigérien grâce à sa forte concentration d’hippopotames.

« Au moins 46 attaques » dans la région de Tillabéri depuis 2016

La région de Tillabéri est devenue très instable en raison de nombreuses attaques meurtrières attribuées à des groupes jihadistes, visant régulièrement des positions de l’armée et des camps de réfugiés. Le 4 octobre, quatre soldats américains et quatre militaires nigériens ont été tués dans une embuscade dans cette même région. Mi-mai, des assaillants non identifiés avaient attaqué la même gendarmerie d’Ayorou, sans faire de victime. Les assaillants avaient emporté des armes et des munitions avant de battre en retraite vers le Mali.

Vendredi, le Parlement a validé la prolongation pour trois mois de l’état d’urgence dans l’ouest du Niger en raison de la « persistance de la menace » des groupes armés. Cette mesure a été imposée en mars 2017 dans plusieurs départements des régions de Tillabéri et Tahoua, une autre région proche du Mali.

Cette semaine, l’ONU a dit avoir répertorié « au moins 46 attaques » de groupes armés au Niger dans la région de Tillabéri depuis février 2016.

Début octobre, à la suite de l’embuscade contre les soldats américains et nigériens, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait souligné devant le Conseil de sécurité de l’ONU l’urgente nécessité de mettre à pied d’œuvre la nouvelle force internationale de lutte contre les jihadistes du Sahel, où doivent s’associer les forces de sécurité du Tchad, du Niger, du Mali, du Burkina Faso et de la Mauritanie. La force du G5 Sahel doit comprendre 5 000 hommes et aura la possibilité de s’affranchir des frontières lors d’opérations antijihadistes. Mais son financement est loin d’être bouclé : seulement une centaine de millions d’euros ont été promis, sur plus de 400 millions jugés nécessaires par les pays membres.

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