Agriculture intensive : Khelcom, un modèle d’exploitation agricole inspirateur

Le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural a visité, samedi, pendant de longues heures, les champs de Khelcom. Pape Abdoulaye Seck estime que ce domaine agricole est l’exemple parfait de la vision que le président de la République a de l’agriculture sénégalaise.

Samedi 7 octobre, c’est jour de récolte du mil à Khelcom. La veille vendredi, la fenaison avait déjà commencé. Pour l’occasion, le domaine agricole de 45.000 ha mis en valeur par le défunt khalife général des Mourides, Serigne Saliou Mbacké, situé à la confluence des régions de Kaffrine, de Kaolack et de Diourbel, baigne dans une ambiance à la fois besogneuse et religieuse. Les champs de mil, d’arachide et de niébé qui s’étendent à perte de vue, sont pris d’assaut par des milliers de jeunes, filles comme garçons, armés de coutelas. En bon mouride, chacun veut apporter sa part de labeur. Et tous les moyens sont bons pour aller dans les champs. Certains disciples s’y rendent à pied, d’autres s’entassent dans des camions pour les zones les plus reculées. La chaleur accablante ne les décourage nullement et la poussière non plus ne semble les indisposer.Au même moment, d’autres, des fagots de mil sur la tête, reviennent des champs. Ils se dirigent vers les lieux d’entreposage où attendent des camions. Les tas de mil dont certains dépassent la taille d’un homme présagent d’une bonne moisson. Le long de la route principale qui mène à Touba, à côté de tentes de fortune, de grosses marmites mijotent des mets.Pour faire face au manque d’eau, des véhicules circulent pour distribuer des sachets du liquide précieux. Ici, rien ne semble freiner l’ardeur des disciples.

Leur rythme de travail est tellement effréné que quand le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural est arrivé sur les lieux vers 13 heures, à la tête d’une très forte délégation, la quasi-totalité des tiges de mil avaient fini d’être coupées, ramassées et entreposées dans des sites dédiés. Papa Abdoulaye Seck a été accueilli par Serigne Saliou Mbacké « Ndiouroul » Ibn Serigne Abdoul Ahad Mbacké et par Cheikh Amar, maître d’œuvre de cette opération de récolte. Après les salutations d’usage, commence alors une visite d’une partie du domaine agricole. La grande exploitation agro-sylvo-pastorale est parcourue de long en large pendant plus de trois tours d’horloge au milieu des champs de mil, des plantations d’arachide et des périmètres de niébé. Un parcours qui a permis au ministre de prendre toute la mesure du travail titanesque qui a permis à Khelcom de forger sa réputation de grenier. « C’est la première fois qu’un ministre vient à Khelcom avec une délégation aussi importante et y passe autant de temps pour apprécier le travail abattu ici. Chaque fois que nous sollicitons les services du ministère, nous sommes toujours satisfaits », s’est félicité Serigne Yatma Ndiaye, un des responsables délégués des champs de Khelcom.

Cette année, 3.000 hectares d’arachide pour un rendement de 150 tonnes attendues, 2.800 hectares de mil, 300 hectares de niébé ont été emblavées. Ces mêmes spéculations sont cultivées, en plus du maraîchage et du riz, sur des superficies aussi grandes dans plusieurs autres «Daaras» de Serigne Saliou notamment à Touba Darou Salam, à Boustane, à Ndiappandal, à Khabane, à Porokhane, à Ngoundoum, a précisé Serigne Saliou « Ndiouroul ». « L’agriculture et l’enseignement du Coran ont toujours été les deux passions de Serigne Saliou. C’est pourquoi, autour de chaque Daara, il a créé des champs. Les champs de Khelcom s’inscrivent dans cette logique », a-t-il souligné. Il est persuadé qu’avec davantage d’appui de l’État du Sénégal, le domaine de Khelcom peut devenir l’un des moteurs de l’autosuffisance alimentaire du pays. Il n’a pas manqué de magnifier l’engagement de Cheikh Amar dont l’appui en intrants et matériels agricoles n’a pas fait défaut.

Vertu du travail
Tombé sous le charme du domaine agricole de Khelcom et la bonne organisation qui y prévaut, le ministre, Pape Abdoulaye Seck, met la réussite de cette expérience agricole sur le compte d’une foi inébranlable aux vertus du travail et foi en Dieu. « Les clés du succès de ce grand domaine agricole de Khelcom, c’est certainement le fait d’avoir des gens qui croient en Dieu, des personnes qui croient en eux-mêmes, des gens qui s’arment de résolution pour refuser la fatalité et qui se disent que c’est possible de transformer positivement et durablement la nature. Sin tout le monde adopte cet état d’esprit, le Sénégal fera sa révolution agricole», a-t-il dit.

Pour le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement agricole, Khelcom montre, à bien des égards, qu’une exploitation familiale peut avoir les mêmes proportions que des exploitations de type agro-business. « On a l’habitude de penser que les exploitations familiales sont de petites exploitations, mais ici, on voit qu’elles peuvent dépasser très largement les milliers d’hectares. Cela veut dire qu’on peut avoir des exploitations familiales d’une très grande taille, modernes, avec un taux de mécanisation de plus de 90 %, utilisant, au mieux, les innovations technologiques dans le but de s’inscrire dans une dynamique d’augmentation de la productivité et d’amélioration de la qualité », a-t-il ajouté.

L’exemple de Khelcom est la confirmation, selon lui, de la justesse de la vision du président de la République Macky Sall à savoir qu’il peut y avoir, au Sénégal, une agriculture de progrès, moderne et mécanisée, une agriculture en quête d’excellence. « C’est ce que nous constatons ici et cela veut dire que Khelcom peut être le portrait robot de la future exploitation agricole sénégalaise qui permettra a notre pays de nourrir ses population et aussi de tirer profit de ses avantages comparatifs sur le marché international et contribuer ainsi a nourrir le monde », a affirmé, avec force, Pape Abdoulaye Seck.

Plus de semences certifiées, pour plus de rendements
Le ministre de l’Agriculture est d’avis que l’utilisation, à grande échelle, de semences certifiées, à Khelcom, aurait permis, à ce domaine agricole, d’avoir des rendements encore meilleurs. C’est pourquoi Pape Abdoulaye Seck a donné des instructions au directeur de l’Agriculture, Omar Sané, de travailler avec l’Isra, l’Ancar et tous les services concernés afin que Khelcom puisse cultiver ses propres semences certifiées et devenir même fournisseur. « Nous allons tout faire pour que Khelcom dispose de plus de semences certifiées. Nous allons fournir des pré-bases pour que des semences certifiées puissent être produites ici. Un domaine de cette dimension, non seulement, ne doit pas avoir que des semences certifiées, mais il doit en donner à d’autres. J’ai donné des instructions dans ce sens au directeur de l’Agriculture », a déclaré le ministre. Selon lui, à l’avènement du président Macky Sall, en 2002, il n’y avait que 600 tonnes de semences certifiées, aujourd’hui, le stock fait 55.000 tonnes. Mais c’est encore insuffisant car les besoins sont estimés à 120.000 tonnes.

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